Jean Moréas
(1856-1910)
Extrait de STANCES
La rose du jardin que j’avais méprisée
A cause de son simple et modeste contour,
Sans se baigner d’azur, sans humer la rosée,
Dans le vase, captive, a vécu plus d’un jour.
Puis lasse, abandonnée à ces pâleurs fatales,
Ayant fini d’éclore et de s’épanouir,
Elle laisse tomber lentement ses pétales,
Indifférente au soin de vivre ou de mourir.
Lorsque l’obscur destin passe, sachons nous taire.
Pourquoi ce souvenir que j’emporte aujourd’hui?
Mon cœur est trop chargé d’ombrees et de mystère;
Le spectre d’une fleur est un fardeau pour lui.
Translated by James Elroy Flecker
From STANCES
The garden rose I paid no honour to,
So humbly poised and fashioned on its spray,
Has now by wind unkissed, undrenched by dew,
Lived captive in her vase beyond a day.
And tired and pale, berefit of earth and sun,
Her blossom over and her hour of pride,
She dropped down all her petals, one by one,
Unmindful if she lived or how she died.
When doom is passing in her dusky glade
Let us learn silence. In this evening hour,
O heart bowed with mystery and shade,
Too heavy lies the spectre of a flower!